Genève mise gros sur le solaire : Parmelin veut débloquer les frais fédéraux pour accélérer la transition

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Tandis que la Suisse panse encore les plaies de sa canicule de juin, les autorités genevoises frappent à la porte de Berne : elles demandent au gouvernement fédéral de muscler son soutien au photovoltaïque. Le message est clair depuis le 1er juillet, date du communiqué du Conseil d’État genevois : l’heure n’est plus à la timidité énergétique.

Depuis des années, le rythme de déploiement des petites installations solaires, les plus vendues en Suisse, s’essouffle. Le gouvernement genevois accueille favorablement une annonce fédérale prévoyant d’augmenter les aides aux petits systèmes photovoltaïques. Mais le canton ne veut pas s’arrêter là. Il somme la Confédération d’examiner sérieusement un renforcement des conditions d’encouragement pour les installations de plus grande taille, notamment sur les bâtiments commerciaux et industriels.

Un potentiel gâché de croissance énergétique

Pourquoi cet insistance ? Parce que les gros systèmes présentent un potentiel énorme. D’après les autorités cantonales, ces installations de moyenne à grande envergure offrent une production renouvelable significative et permettent une autoconsommation efficace. Surtout, elles contribuent directement à la stabilité du réseau électrique suisse, un enjeu critique qui vient d’être rappelé par la récente vague de chaleur.

Cette requête genevoise s’inscrit dans un contexte plus large de nervosité énergétique en Suisse. Le pays dépend historiquement de l’hydroélectricité et du nucléaire. Le renforcement attendu des énergies renouvelables ne peut compter que sur le solaire et l’éolien. Or, les investisseurs hésitent. Les retours sur investissement restent longs, les réglementations des cantons varient, et la visibilité des aides fédérales manque de clarté.

Genève refuse de rester spectatrice

Le gouvernement genevois, lui, refuse de rester en arrière-plan. En parallèle de cette demande auprès de Berne, le canton renforce ses propres efforts en matière de rénovation énergétique des bâtiments publics. C’est l’autre versant de la stratégie : agir à l’échelle cantonale pour montrer l’exemple et créer une dynamique locale.

Cette prise de position n’est pas anodine. Genève, canton urbain densément peuplé, dispose d’un parc immobilier considérable. Les toits des immeubles commerciaux et des entrepôts pourraient devenir de petites centrales solaires, sans consumption d’espace agricole. Le calcul économique tient : plus d’installations, plus de production décentralisée, moins de dépendance aux importations énergétiques.

En arrière-plan, plane la question de la sécurité d’approvisionnement. La Suisse a approuvé cette année un objectif ambitieux : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Les climatiseurs qui fleurissent actuellement sur les façades genevoises et lausannoises sont là pour le rappeler : sans transition énergétique rapide, c’est la qualité de vie des villes suisses qui se dégradera.

Le message de Genève à Berne est simple : si vous voulez atteindre vos objectifs climatiques et énergétiques, cessez d’atermoyer sur les aides au solaire de grande puissance. Les petits gestes ne suffiront plus.