Tamedia sabre dans ses effectifs: 34 postes supprimés dont 9 en Suisse romande

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Le groupe Tamedia, qui publie notamment « 24 heures », « Tribune de Genève » et « Le Matin Dimanche », prévoit la suppression de 34 postes à temps plein, une mesure qui concerne au total 41 collaborateurs. Les rédactions de Zurich, Berne, Bâle, Lausanne et Genève sont touchées.

Cette restructuration silencieuse s’inscrit dans une tendance lourde qui ravage le secteur médiatique suisse depuis des années. Alors que Genève fait face à des défis budgétaires croissants et que la région romande connaît des transformations numériques profondes, les réductions d’effectifs dans les salles de rédaction fragilisent encore davantage le tissu informatif local. Neuf collaborateurs en Suisse romande et quatre au « Print Desk », le service qui gère les journaux papiers, seront impactés.

Ce qui frappe dans cette annonce, c’est la manière de procéder: pas de grandes déclarations, pas de débat public sur la vitalité du journalisme régional. Tamedia fait simplement le nécessaire pour préserver les marges du groupe. Or, derrière ces 41 postes supprimés se cachent des journalistes, des correcteurs, des graphistes dont l’expertise locale disparaît. C’est particulièrement sensible à Genève et en Suisse romande, où la couverture des enjeux régionaux demande une connaissance nuancée du fonctionnement institutionnel, des dossiers politiques complexes et des subtilités du territoire.

Dans le détail, 30 postes à temps plein doivent disparaître dans les rédactions, auxquels s’ajoutent quatre au Print Desk. Cette distinction ne doit pas faire oublier l’essentiel: c’est la capacité d’enquête, de vérification et de mise en perspective qui s’érode progressivement.

Quand les medias privés abdiquent

La pression économique sur les médias n’est pas nouvelle. La publicité numérique s’est concentrée chez les géants du web, les modèles économiques papier s’effondrent, et les lecteurs dispersés sur mille plateformes réduisent les revenus des éditeurs traditionnels. Mais les collectivités locales, les autorités cantonales et municipales devraient s’inquiéter. Moins de journalistes, cela signifie moins de contrôle, moins de questions posées aux décideurs, moins de lumière sur les dysfonctionnements ou les abus de pouvoir.

C’est dans ce contexte que les audiences des sites d’information généraliste romands se fragmentent. Les jeunes se détournent des médias hérités, les adultes se replient sur les réseaux sociaux où circulent légendes urbaines et désinformation. Personne n’y gagne vraiment, sauf peut-être ceux qui ont intérêt à ce que le débat public s’opacifie.

Tamedia ne dit rien sur les raisons précises de ces suppressions. Restructuration, adaptation au marché, optimisation: le lexique managérial détourne l’attention des vraies questions. Que deviendra la couverture des communes genevoises? Qui enquêtera sur les dossiers lourds de la politique cantonale? Qui suivra véritablement le Grand Conseil quand il vote des budgets qui affectent des milliers de vies?

Ces questions restent, pour l’instant, sans réponse.