Le chômage s’aggrave à Genève: 4,7% en 2025, l’horlogerie saigne à 45%

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Genève entre dans une phase de détérioration sensible du marché de l’emploi. Le taux de chômage du canton s’établit à 4,7% en 2025, une progression qui rompt avec des années d’ajustement suite à la crise sanitaire. Plus inquiétant encore: le nombre de chômeurs inscrits à l’Office cantonal de l’emploi atteint en moyenne 11 926, soit +12% par rapport aux 10 681 de 2024.

Ces chiffres bruts cachent une fragilisation inquiétante des piliers économiques régionaux. L’horlogerie subit l’impact le plus violent, avec une hausse de 45%, tandis que le commerce de gros augmente de 22% et les activités financières et assurances de 15%. Pour le secteur horloger, ce taux d’augmentation dépasse largement les autres branches touchées, révélant une vulnérabilité profonde au-delà des fluctuations conjoncturelles.

Les plus de 50 ans, victimes oubliées

L’impact n’est pas uniforme selon les générations. L’augmentation du chômage atteint 7% pour les moins de 25 ans, 12% pour les 25-49 ans, mais grimpe à 13% pour les 50 ans et plus. Cette pyramide révèle qu’au-delà des jeunes en phase d’insertion, ce sont les actifs d’expérience qui souffrent le plus d’une économie qui semble se restructurer sans filet de sécurité.

Cet épisode de dégradation de l’emploi s’inscrit dans une tendance troublante identifiée par les statistiques cantonales sur le long terme. Entre avril 2023 et avril 2026, le taux de demandeurs d’emploi a progressé de 5,5% à 7,4%, tandis que le nombre total passait de 13 868 à 18 608 personnes, soit une augmentation de 34% en trois ans.

Genève doit affronter le paradoxe qui la définit depuis des années: une place économique de réputation mondiale, mais des fondations de plus en plus fragilisées. Le secteur financier, autrefois résilience suprême, montre des fissures. L’horlogerie, l’une des identités du canton, s’effondre. Quant aux organisations internationales et ONG, elles ne suffisent plus à absorber les demandeurs d’emploi. Les mesures d’austérité annoncées par le Conseil d’État rendront cette période encore plus difficile pour les catégories les plus vulnérables.

La prochaine étape sera d’observer si cette pause conjoncturelle se dissipe ou si elle préfigure une transformation durable du marché du travail genevois, où les économies imposées par le canton s’ajouteraient aux cycles d’emploi adverse du secteur privé.