Gel des salaires à Genève: les fonctionnaires face à l’austérité du Conseil d’État

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Genève s’apprête à vivre une nouvelle épreuve de force autour de l’austérité budgétaire. Le plan financier quadriennal du Conseil d’État entérine un gel des salaires sur quatre ans, signifiant que le pouvoir d’achat baissera d’année en année. Une mesure qui touche directement les quelque 50’000 agents de l’État et des institutions subventionnées du canton.

Derrière ces chiffres : des impacts concrets et massifs. Selon le Syndicat du personnel du secteur public (SSP), ces réductions entraîneront des pertes annuelles de 10’000 à 20’000 francs par agent. Un coup dur pour des ménages où le loyer absorbe déjà entre 30 et 40% des revenus en agglomération genevoise.

Le tableau s’assombrit quand on le remet dans le contexte financier cantonal. Le Conseil d’État a déjà annoncé sa volonté de trouver 1 milliard d’économie aux travers de deux plans d’économies de 500 millions de francs qui seront présentés en mars et en mai 2026. Genève cherche à équilibrer des comptes budgétaires sous tension, aggravés par la dégradation du marché du travail.

Quand l’IA frappe les nouveaux diplômés

Le contexte économique justifie-t-il cette rigueur? Partiellement. Le chômage atteint 5,1% à Genève, le taux le plus élevé du pays. Le nombre de chômeurs inscrits à l’Office cantonal de l’emploi se monte en moyenne à 11’926, soit +12% par rapport aux 10’681 de 2024, avec une augmentation de 12% pour les 25-49 ans et 13% pour les 50 ans et plus.

L’horlogerie, autrefois moteur de l’économie locale, symbolise cette dégradation. L’horlogerie connaît une augmentation de 45%, le commerce de gros de 22% et les activités financières et assurances de 15% en matière de chômage. Une fragilité qui expose le modèle économique genevois dont les secteurs-clés vacillent.

Or, le gel des salaires frappera précisément ceux qui le subissent déjà : les agents des services publics et sociaux, déjà en première ligne face à l’augmentation des besoins. Le Conseil d’État refuse également de réévaluer les professions de la santé et du social qui ont un diplôme HES et il appelle à des économies dans des départements où les besoins ne cessent d’augmenter.

Les syndicats sonnent l’alerte

Face à ce projet budgétaire, le SSP appelle, aux côtés du Cartel intersyndical de la fonction publique, à une nouvelle journée de mobilisation le jeudi 11 décembre. Une date qui marque le durcissement des rapports entre exécutif et représentants du personnel, quelques mois après déjà des grèves contre l’austérité en septembre dernier.

Le message des syndicats demeure cohérent : après une décennie de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux plus riches, faire peser les sacrifices d’austérité sur les salaires des agents publics constitue un choix politique, non une fatalité économique. Genève devra trancher, lors des urnes comme dans les rues, entre modèles budgétaires rivaux.