Genève en rébellion : neuf jours de grève pour dire non à l’austérité du Conseil d’État
La machine s’est enclenchée dès la semaine précédant la rentrée des classes. Sur les appels des syndicats, les fonctionnaires du canton de Genève ont démarré une grève symbolique mais déterminée, baptisée « neuf jours de grève ». Le signal était clair : le Conseil d’État ne passera pas en silence avec son plan d’austérité.
Au cœur du conflit, un rapport explosif. Le Conseil d’État genevois a présenté le « rapport Zuin », du nom de Stanislas Zuin, l’ancien magistrat de la Cour des comptes qui a piloté le groupe d’experts. Le rapport contient 58 mesures, souvent politiquement explosives, avec un potentiel de 533 millions de francs pour la période 2027-2029.
En ces premiers jours de rentrée des classes, les fonctionnaires se sont rejoints dans la rue pour dire leur colère contre les mesures d’économie du Conseil d’État et conclure les neuf jours de grève. Pas de débrayage massif paralysant l’administration, mais des tactiques prudentes : tractage, actions de sensibilisation sur les lieux de travail, manifestations en fin de journée, après les heures de classe.
Un ton nouveau pour Genève
Cette offensive des syndicats contraste avec le dialogue habituel entre partenaires sociaux. La fonction publique s’est mobilisée au cœur de l’été, en « grève » depuis la semaine précédente pour montrer son opposition au plan d’économies sur lequel planche toujours le gouvernement.
Mais ce qui frappe davantage, c’est le climat politique qui entoure ces mesures. Au parlement, le dialogue semble rompu entre la gauche et la droite. Ce blocage institutionnel, aggravé par les divisions internes au Conseil d’État sur le contenu des réductions, risque de transformer la rentrée politique en champ de bataille.
Les syndicats avaient déjà réussi à mobiliser plus de 3000 fonctionnaires en juin. La rentrée offre une nouvelle occasion de faire grimper la pression, alors que les écoles resteront ouvertes mais que les ambitions du gouvernement sur le front des économies se précisent.
Quand la formation supérieure s’inquiète
La grève des fonctionnaires n’est que le premier round d’une bataille plus vaste. La population cantonale vote le 27 septembre sur une baisse de 35 à 33 millions de francs de la subvention annuelle versée par l’État aux six écoles genevoise de la HES-SO, une économie « sur le dos des étudiants et de leurs parents ». Les étudiants et les familles redoutent des hausses de frais.
Le gouvernement doit trancher sur ces mesures d’ici juin 2027. Mais les jeux de coulisse ont déjà commencé. La rentrée politique genevoise s’annonce chaude, bien plus que ne l’avait été l’été 2026.
