Genève: la fonction publique dans la rue contre l’austérité du Conseil d’État

wpbot_image_tLqPiF

Environ 600 manifestants de la fonction publique et du secteur subventionné ont crié à Genève leur opposition au projet de budget cantonal et ses coupes, jeudi soir, jusque sous les fenêtres du Grand Conseil. Le Cartel intersyndical, qui pilote cette mobilisation depuis l’annonce du plan d’austérité gouvernemental, a rassemblé au Parc des Cropettes une contestation montante contre des mesures qu’il juge incompatibles avec la qualité des services publics.

Des coupes budgétaires qui touchent directement le quotidien

Le Conseil d’État prévoit de supprimer des postes à l’Hospice général en 2027, de revoir le pont de fin d’année à la baisse et de supprimer des acquis salariaux comme le doublement du dernier salaire au moment de partir à la retraite. Ces suppressions générales du budget 2027 s’accompagnent de blocages salariaux qui cristallisent le mécontentement. Les syndicats dénoncent notamment le blocage des annuités pour 2026 et les trois années suivantes ainsi que le gel de l’indexation.

Pour la majorité des manifestants issus du secteur soignant, enseignant ou social, ces restrictions coïncident avec une augmentation de la charge de travail. Il manque des postes dans les secteurs clé de la santé, du social et de l’éducation pour assurer les prestations. Un représentant du Syndicat des services publics a déploré que “le Conseil d’État n’en a rien à faire des conditions de travail des soignantes et des soignants”.

Une mobilisation qui peine à prendre de l’ampleur

Cependant, le bilan numérique soulève des questions. Certains manifestants ont déploré que cette manifestation n’ait à peine attiré davantage de participants que lors du précédent défilé en août avant même que le projet de budget ne soit dévoilé. La démobilisation partielle suggère que la base syndicale peine à se maintenir à un niveau d’engagement constant face à un affrontement budgétaire jugé inévitable.

Arrivés près du Grand Conseil, les manifestants ont choisi les huées et les sifflets pour faire entendre leur mécontentement aux députés qui siégeaient, scandant “Du fric, du fric, pour le service public”. Le message résonne comme une protestation non seulement contre les coupes, mais aussi contre une vision de l’État où l’austérité prévaut sur l’investissement dans les services destinés à la population.

La suite de la mobilisation

Le syndicat appelle d’ores et déjà à maintenir la pression. Vincent Bircher, président du Syndicat des services publics Genève, a fustigé l'”austérité préventive” du canton, tandis qu’une manifestante a insisté: “Santé, social, éducation: les coupes budgétaires sont partout”. D’autres débrayages sont annoncés pour les semaines à venir, notamment un mouvement de protestation prévu au 11 décembre selon les syndicats.