La Suisse romande bouge à 2,2%: l’économie régionale déjoue les turbulences mondiales
La Suisse romande affiche une santé économique enviable. Selon une étude publiée lundi par les six banques cantonales en collaboration avec le Forum des 100, la région a enregistré en 2025 un produit intérieur brut de 198 milliards de francs, avec une croissance de 2,2%, supérieure à celle de la Suisse (1,8%).
Ce dynamisme régional n’est pas une anomalie. En vingt ans, la contribution romande à la richesse nationale est passée de 22,8 à 26,4%, confirmant un poids croissant dans l’économie helvétique. Pour les acteurs régionaux, cette performance témoigne d’une diversification maîtrisée et d’une résilience remarquable face aux chocs externes.
Les éclats de la géopolitique
Pourtant, cette croissance supérieure masque des fractures profondes. Le retour du protectionnisme, les droits de douane américains, les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes sur les échanges commerciaux illustrent un «changement d’époque», analyse Jean-Pascal Baechler, coordinateur de l’étude.
Ouverte sur le monde, l’économie romande tire une grande partie de sa prospérité des échanges internationaux, mais cette force est aussi une source de vulnérabilité à l’heure où les tensions géopolitiques et les incertitudes commerciales mettent sa résilience à l’épreuve.
Une robustesse à l’épreuve
La région compte sur plusieurs atouts pour traverser la turbulence. L’économie romande devrait croître de 2,2% en 2025, portée par sa diversification, ses exportations et un marché intérieur solide. Genève en particulier bénéficie de son positionnement international, de ses institutions multilatérales et de son secteur financier.
Mais les chiffres parlent. Malgré ce contexte mondial instable, marqué par le tournant de la politique commerciale américaine, l’économie romande fait preuve d’une solide résilience. La question qui agite les décideurs régionaux: cette résilience suffira-t-elle à amortir les chocs à venir?
