Genève parie sur l’audiovisuel pour se réinventer face à la crise de l’emploi

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Quand le secteur audiovisuel devient une issue de secours, cela en dit long sur l’urgence. Le canton de Genève vient de rendre opérationnel son dispositif d’incitation à la production audiovisuelle, articulé autour d’une commission cantonale de l’audiovisuel et d’un Film Office. Ce programme prévoit notamment un mécanisme de remboursement de certaines dépenses réalisées sur le territoire genevois, avec un budget d’un million de francs pour 2026.

Ce timing n’est pas anodin. Alors que le taux de demandeurs d’emploi dans le canton de Genève a progressé de 5,5% en avril 2023 à 7,4% en avril 2026, avec un nombre qui passe de 13 868 à 18 608 personnes, les autorités cantonales cherchent des échappatoires. L’horlogerie s’effondre, la finance pèse moins lourd, et les ONG, autrefois bastion stable, ne compensent plus. Dans la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, branche qui inclut notamment l’horlogerie, le nombre de demandeurs d’emploi a plus que doublé en trois ans.

Une diversification qui arrive tard

Le Film Office doit convaincre producteurs suisses et étrangers que Genève vaut le détour. Paysages du Léman, patrimoine urbain, infrastructures de tournage : le potentiel visuel existe. Mais attractif sur l’écran ne suffit pas quand le climat social se dégrade. Les entreprises genevoises affichent des perspectives de croissance de 1,2% pour 2026, tandis que le chômage atteint des niveaux préoccupants, comparables à ceux de la crise du Covid-19.

Reste à voir si un million de francs suffit à amorcer une vraie mutation. C’est moins qu’un budget de blockbuster, plus qu’un coup de pied dans la porte. Genève mise sur le fait que les créatifs et les tourneurs vont préférer les rues genevoises à celles d’Ailleurs. Peut-être. Mais le secteur audiovisuel romand était fragile avant même la crise actuelle. Pour que ce pari tienne, il faudrait que les décideurs cantonaux acceptent de financer plus agressivement, et plus régulièrement. Un million annuel, c’est un signal. Pas encore une stratégie.