L’économie romande face au ralentissement: croissance en perte de vitesse et fractures régionales qui s’approfondissent
La Suisse romande ne sera pas épargnée. Selon l’étude publiée le 26 octobre 2026 par les six banques cantonales romandes en collaboration avec le Forum des 100, la croissance devrait s’établir à 1,9% en 2026, contre 2,2% en 2025. Un ralentissement qui s’accélère: la croissance devrait à nouveau ralentir à 1,5% en 2027.
Le diagnostic est sans détour. Malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes commerciales, l’économie romande fait preuve de résistance. Reste que cette capacité d’amortissement a ses limites. Les tensions géopolitiques et le protectionnisme renforcent les enjeux de sécurité économique, relève l’étude.
L’une des principales caractéristiques de l’économie romande réside dans son exposition aux marchés étrangers: les exportations de biens représentent l’équivalent de 48% de son PIB, contre 45% pour l’ensemble de la Suisse. C’est à la fois la force et la vulnérabilité de la région.
La diversité économique, planche de salut
Ce qui permet à la Suisse romande de tenir face aux turbulences, c’est sa diversification. La région peut compter sur des pôles d’innovation performants, des hautes écoles reconnues et un tissu économique diversifié. L’innovation, l’accès aux marchés internationaux et la solidité de la demande intérieure constituent des atouts majeurs.
Mais cette mosaïque cache des réalités contrastées. Un canton comme Neuchâtel, avec notamment l’horlogerie et les machines, atteint un niveau beaucoup plus élevé, tandis que d’autres régions, moins diversifiées, souffrent davantage. Le manque d’élan de certaines branches, notamment les machines, l’horlogerie et les services aux entreprises, freine la dynamique cantonale.
Sur le marché du travail, les chiffres restent maîtrisés mais inquiétants. En septembre 2026, le chômage atteignait 4,3% en Suisse romande, contre 3% au niveau national. Un écart qui persiste et que les économistes suivent de près.
L’inflation sous contrôle, mais pour combien de temps ?
L’inflation s’établissait à 1% en septembre 2026. Un élément rassurant qui offre une marge de manœuvre aux entreprises et aux ménages romands. Cette trajectoire reste néanmoins relativement favorable par rapport aux prévisions nationales du Secrétariat d’État à l’économie, qui anticipe une progression du PIB suisse de 1,7% en 2026 et de 1,6% en 2027.
La Suisse romande dépasse donc la Confédération, mais pas de beaucoup. Et le jeu géopolitique mondial se complique d’année en année. Les responsables politiques régionaux auraient intérêt à accélérer les investissements en innovation et à penser des politiques de soutien ciblées pour les secteurs exposés aux chocs externes.
