Baisse de l’impôt sur la fortune: quand Genève se divise sur son modèle fiscal

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À neuf jours de l’annonce de mesures d’économie par le Conseil d’État, la majorité met la pression en votant une baisse d’impôt, une motion de réduction de 20% de l’impôt sur la fortune qui divise le gouvernement. La conseillère d’État chargée des finances Nathalie Fontanet s’oppose au projet, le qualifiant de provocation.

Un timing politique explosif

Le Grand Conseil genevois tient un débat qui cristallise les contradictions du moment. Alors que le Conseil d’État s’apprête à présenter un paquet d’austérité pour serrer les cordons de la bourse publique, plusieurs députés font du lobbying en faveur d’une fiscalité allégée pour les détenteurs de fortunes. Cette posture spectaculaire revient à dire aux Genevois: “Oui, il faut économiser, mais pas sur les épaules des plus fortunés.”

La Genève romande connaît des turbulences: emploi précarisé, secteurs-clés fragilisés (finance, horlogerie, ONG), services publics en retrait. Et c’est à ce moment précis que la majorité parlementaire choisit d’insister pour baisser les impôts sur la fortune. Le timing politique parle d’autant plus fort qu’il expose un fossé idéologique au sein de la majorité elle-même. La ministre des Finances rejette l’argument, dénonçant une provocation tandis que d’autres veulent muscler l’attractivité fiscale du canton.

Quel modèle pour Genève?

Cette tension reflète une question plus large: comment Genève se repositionne-t-elle après des décennies de centralité économique? Faut-il recourir à la concurrence fiscale envers d’autres cantons, ou investir dans un modèle social et des services qui retiennent les talents et consolident la stabilité? Selon une simulation, l’accessibilité régionale chuterait et fragiliserait la place d’affaires ainsi que la Genève internationale si les structures actuelles s’érodent.

Le débat qui s’amorce au Grand Conseil n’a rien d’anodin: il expose le choix politique central des années à venir. Genève peut-elle se permettre de jouer la carte de l’allègement fiscal quand sa base de revenus se fragmente? Ou doit-elle investir dans la résilience sociale et économique? Le vote à venir donnera un signal fort sur la direction que le canton compte emprunter.