Genève et Vaud détrônent Zurich : l’Arc lémanique devient le premier moteur économique de Suisse

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Le couple Genève-Vaud détrône Zurich dans l’économie suisse : une révolution statistique aux vraies conséquences politiques

Les cartes de la puissance économique suisse viennent de basculer. Selon les nouveaux chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS), Genève et Vaud devancent désormais Zurich. Une rupture qui ne relève pas du hasard comptable, mais d’une méthodologie révisée révélant enfin le vrai poids de l’Arc lémanique dans l’économie nationale.

Les trois cantons lémans, avec Valais, génèrent un PIB d’environ 190 milliards de francs en 2024, contre 167 milliards pour Zurich, soit 12% de moins. Et même en retirant le Valais du calcul, Genève et Vaud seuls produisent plus de 168 milliards de francs de PIB, surpassant le canton alémanique à eux deux.

Un déplacement de richesse révélé, pas créé

Cette inversion n’est pas une explosion soudaine d’activité à Genève ou Vaud. Elle montre plutôt comment l’OFS a réajusté ses calculs pour mieux refléter la réalité économique. Pendant des décennies, la méthodologie employée sous-estimait la contribution des cantons romands. L’OFS regardait notamment combien de personnes travaillaient dans chaque secteur économique, une approche qui ne rendait pas justice à la productivité supérieure et aux secteurs à forte valeur ajoutée qui structurent l’économie genevoise et vaudoise.

Il n’empêche : cette rectification statistique a des conséquences politiques bien réelles. La conseillère d’État vaudoise Isabelle Moret rappelle que Genève et Vaud représentent près de 20% du PIB suisse et souhaite que leur influence politique reflète leur importance économique. Le message est clair : si vous pelez plus d’un cinquième de la richesse nationale, votre voix doit peser à Berne.

L’énigme de la croissance

Pourtant, la satisfaction doit être nuancée. En 2024, le PIB genevois a reculé et la productivité horaire de la région lémanique a diminué de 0,5%, souligne l’OFS. Une tension : comment peut-on être le moteur économique du pays si la machine tourne au ralenti?

La réponse tient à la structure de ces économies. L’économie romande devrait croître de 2,2% en 2025, selon une analyse des six banques cantonales, malgré un ralentissement attendu jusqu’en 2027. Ce qui soutient la région, c’est la diversification du tissu économique, la capacité à exporter des produits innovants, la solidité du marché intérieur et le maintien de bonnes conditions-cadres.

Mais cette diversification cache aussi une vulnérabilité. Genève et Vaud comptent ensemble environ 1,4 million d’habitants, contre un peu plus de 1,6 million dans le canton de Zurich. Produire plus avec moins de monde : c’est le pari de l’économie romande, fondée sur l’innovation et les secteurs tertiaires. Un pari risqué en temps de turbulences commerciales internationales, mais jusqu’ici réussi.

Pour ces responsables, les nouveaux chiffres confirment une chose : l’Arc lémanique constitue un moteur majeur de l’économie suisse et veut être traité comme tel. Cette demande de reconnaissance n’est plus statistiquement isolée.